antoine rejasse :
tonyo et ses beau yeux,.....
dans leur site officiel, tonyo a ecrit un texte que j'ai absolument tenu a mettre dans mon blog pour soutenir les intermitents et denoncer tous les problemes qui tournent autours
"Cher tous,
A la sortie de la Rue Blanche (une école de théâtre nationale et publique) nous avions deux choix :
Nous diviser pour mieux nous vendre. Nous souder pour mieux créer.
Ayant été élevés dans l'idée d'une Culture solidaire, nous avons préféré la deuxième solution et avons monté le spectacle LES WRIGGLES.
Pendant quatre ans, nous avons tourné et peaufiné ce spectacle à nos frais, subsistant grâce à des petits boulots et l'aide de nos proches. La chance aidant, nous avons pu rencontrer un public, puis des producteurs, ce qui nous permit de tourner dans un réseau de salles subventionnées et d'accéder ainsi au régime d'assurance chômage des intermittents.
Nous avons pu alors libérer du temps et de l'énergie pour travailler en compagnie de techniciens, intermittents du spectacle, afin de perfectionner les lumières, le son, ainsi que nos arrangements vocaux, nos textes, nos mélodies, nos jeux de scènes et améliorer nos vies personnelles.
Aujourd'hui, grâce à cette conception solidaire de la culture, nous avons effectivement le privilège de vivre de nos métiers tout en bénéficiant d'une totale liberté d'expression.
Le protocole signé le 26 juin par le MEDEF, la CFDT, la CGC et la CFTC, et agréé le 7 août par le gouvernement, malgré les fortes protestations de la majorité de notre profession, porte un coup fatal à cette solidarité interprofessionnelle.
Sa mise en application progressive prévue pour janvier 2004 équivaudrait à un licenciement massif d'environ 30000* artistes et techniciens, à une augmentation des abus contre lesquels le protocole prétend lutter, à une dislocation de la diversité culturelle au bénéfice de l'entreprise du divertissement.
Les artistes et techniciens restants se verront contraints pour la plupart à la précarité, à l'inégalité et à la course à la rentabilité.
Cette démarche d'étouffement de la culture s'inscrit à notre avis dans une volonté politique affirmée de marchandisation de tous les organismes et structures à vocation solidaire : Sécurité Sociale, retraites, Education Nationale, laboratoires de recherche, services publics etc.
Malgré nos difficultés à trouver des moyens de résister à cette idéologie destructrice, nous sommes convaincus de n'être pas encore des cons vaincus. L'Histoire l'a prouvé, quand la solidarité est attaquée, la solidarité la défend.
N'hésitez donc pas à y mettre votre grain de sel.
* : Ce chiffre est bien sûr basé sur des estimations faites par les différentes coordinations et syndicats d'intermittents. "